Plus belles randonnées des Hautes-Alpes : 5 lacs d'altitude

Les Hautes-Alpes concentrent les plus beaux lacs d’altitude des Alpes du Sud, entre Queyras, Écrins et Dévoluy. Le lac Sainte-Anne, le lac de l’Eychauda, les lacs de la Clarée, les lacs de Pétarel et le pic de Bure (2 709 m) forment le top des itinéraires, du niveau famille au trek soutenu.
Pourquoi les Hautes-Alpes plutôt que le reste des Alpes
Le département des Hautes-Alpes affiche plus de 300 jours d’ensoleillement par an selon l’office de tourisme régional, un record pour un massif alpin. Cette lumière sèche change tout : l’eau des lacs vire au turquoise, les mélèzes flambent en septembre, les panoramas portent jusqu’à la barre des Écrins.
Trois territoires se partagent les meilleurs sentiers. Le Queyras, parc naturel régional minéral et préservé. Les Écrins, parc national aux sommets glaciaires de plus de 4 000 mètres. Le Dévoluy, plateau calcaire aux allures lunaires au sud de Gap.
La diversité de difficulté permet à chacun de trouver son itinéraire. Une marche de 5 km en famille côtoie des courses de 1 400 mètres de dénivelé réservées aux jambes aguerries. Le tableau ci-dessous compare les cinq randonnées de cette sélection.
| Randonnée | Massif | Distance AR | Dénivelé + | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|
| Lac Sainte-Anne | Queyras | 5,1 km | 490 m | 2h50 | Modéré |
| Lacs Laramon et Serpent | Clarée | 8,5 km | 600 m | 5h | Intermédiaire |
| Lac de l’Eychauda | Écrins | 11 km | 850 m | 5-6h | Soutenu |
| Lacs de Pétarel | Écrins | 11,6 km | 884 m | 5h50 | Difficile |
| Pic de Bure | Dévoluy | 15,3 km | 1 400 m | 8h20 | Difficile |
Lac Sainte-Anne : le joyau accessible du Queyras
Le lac Sainte-Anne occupe un cirque minéral à 2 415 mètres au-dessus de Ceillac, dans le Queyras. Ses eaux d’un bleu laiteux, teintées par les sédiments glaciaires, tranchent avec les éboulis ocre de la Font Sancte qui le dominent. C’est la randonnée d’altitude la plus accessible des Hautes-Alpes.
Le départ le plus rapide se prend au parking de Chaurionde, au-dessus de Ceillac. De là, comptez 5,1 km aller-retour, 490 mètres de dénivelé positif et environ 2h50 de marche en niveau modéré. Une navette estivale dessert le départ depuis le village, ce qui évite la route forestière étroite en haute saison.
Le sentier grimpe régulièrement à travers les alpages, passe le lac Miroir (2 214 m) sur sa variante la plus longue, puis débouche sur la chapelle Sainte-Anne posée au bord de l’eau. Chaque 26 juillet, un pèlerinage rassemble les vallées du Queyras autour de cet édifice. Les marmottes sifflent sur les pentes, les chamois descendent boire au crépuscule.
Pour prolonger, le col Girardin (2 700 m) s’atteint depuis le lac et ouvre sur la vallée de l’Ubaye. Cette section ajoute du dénivelé et bascule sur un terrain plus exigeant.
Lacs Laramon et du Serpent : la magie de la vallée de la Clarée
La vallée de la Clarée, près de Névache, passe pour l’une des plus belles vallées préservées des Alpes françaises. Classée site naturel, elle aligne torrents, mélèzes centenaires et lacs émeraude au pied du massif des Cerces. Le circuit des lacs Laramon et du Serpent en livre le condensé.
Le départ se fait au parking de Fontcouverte, face au camping, au bout de la route de la Clarée. Le parcours développe environ 8,5 km aller-retour pour 600 mètres de dénivelé positif et près de 5 heures de marche, en niveau intermédiaire. Le sentier remonte d’abord vers le refuge Ricou, puis monte en lacets dans la combe.
Le lac Laramon apparaît le premier, à 2 359 mètres, dans un écrin d’alpages. Quelques minutes plus haut, le lac du Serpent (2 448 m) dévoile des eaux vert sombre et un panorama qui porte jusqu’à la barre des Écrins, en arrière-plan des Cerces. Ce contraste de couleurs entre les deux plans d’eau fait la réputation de l’itinéraire.
La vallée de la Clarée se ferme à la circulation au-delà de Fontcouverte en été : une navette relie Névache au départ des sentiers. Partez tôt, le parking se remplit dès 9 heures en juillet et août.
Lac de l’Eychauda : l’iceberg des Écrins
Le lac de l’Eychauda surprend les randonneurs même au cœur de l’été. Niché à 2 514 mètres dans le parc national des Écrins, côté Pelvoux, ce lac glaciaire ne dégèle que trois à quatre mois par an. Des plaques de glace flottent parfois à sa surface en plein mois d’août, un spectacle rare à cette latitude.
Le sentier part du hameau de Chambran (1 720 m), sur la commune de Vallouise-Pelvoux. L’itinéraire couvre environ 11 km aller-retour pour 850 mètres de dénivelé positif et 5 à 6 heures de marche. Le niveau soutenu réclame une bonne condition physique et un départ matinal, les orages d’après-midi étant fréquents dans les Écrins l’été.
Le chemin longe d’abord le torrent, traverse des alpages, puis attaque la dernière montée minérale jusqu’à la cuvette du lac. L’eau, d’un turquoise opaque dû à la farine glaciaire, reflète les sommets enneigés du massif du Pelvoux.
Pour le point de vue plongeant, montez encore une trentaine de minutes jusqu’au col des Grangettes (2 680 m). De là, le lac se découvre dans son intégralité, posé dans son cirque, avec les glaciers en toile de fond. Cette extension transforme une belle marche en grande journée de montagne.
Lacs de Pétarel : le défi sauvage du Valgaudemar
Le Valgaudemar porte le surnom de petit Himalaya des Alpes. Cette vallée encaissée des Écrins, au sud du massif, reste l’une des plus sauvages des Hautes-Alpes. Les lacs de Pétarel y récompensent les marcheurs qui acceptent un vrai effort.
Le départ se prend au hameau des Portes, près de La Chapelle-en-Valgaudémar. L’itinéraire principal développe 11,6 km pour 884 mètres de dénivelé positif et près de 5h50 de marche, en niveau difficile. Le sentier grimpe sec dès les premiers mètres, à travers la forêt puis les pierriers.
Le premier lac apparaît à 2 090 mètres, dans un cadre minéral cerné par les sommets du Valgaudemar. Plusieurs plans d’eau se succèdent en terrasses, parfaits pour un bivouac autorisé dans le parc national entre 19h et 9h. Le silence y est total, la faune dense : bouquetins, aigles royaux, gypaètes barbus réintroduits dans le massif.
Les randonneurs expérimentés bouclent par les cols de Pétarel (2 435 m) et de la Béranne, ce qui porte le parcours à une vingtaine de kilomètres. Ces cols se libèrent de la neige tardivement, souvent en juillet seulement.
Pic de Bure : le sommet lunaire du Dévoluy
Le pic de Bure culmine à 2 709 mètres au-dessus du massif du Dévoluy, à trente minutes de Gap. Son plateau sommital, hérissé des antennes de l’observatoire astronomique, déroule des paysages calcaires lunaires uniques dans les Hautes-Alpes. C’est l’ascension reine du secteur.
L’itinéraire par la combe Ratin, depuis SuperDévoluy, totalise 15,3 km aller-retour, près de 1 400 mètres de dénivelé positif et 8h20 de marche. Le niveau difficile s’explique par les longs pierriers et l’altitude soutenue. Cette course exige de l’endurance et une météo stable.
Le sentier emprunte d’abord une variante du GR de Pays Tour du Dévoluy, passe la cabane de l’Avalanche, puis traverse des champs de cailloux infinis avant d’atteindre le plateau de Bure. Là-haut, le radiotélescope IRAM scrute l’univers depuis 1990, profitant de la sécheresse de l’air et de l’isolement du site.
Le panorama embrasse le Vercors, les Écrins et, par temps clair, le mont Ventoux au sud. Partez à l’aube : la chaleur monte vite sur le calcaire en été, et l’ombre est inexistante sur les derniers kilomètres.
Bien préparer sa randonnée dans les Hautes-Alpes
L’altitude et le climat sec imposent une préparation rigoureuse. Les températures chutent de 6 °C tous les 1 000 mètres, et un ciel bleu au départ ne garantit rien à 14 heures. Voici les repères pour partir serein.
| Élément | Repère pratique |
|---|---|
| Eau | 2 litres minimum par personne, peu de sources fiables en altitude |
| Départ | Avant 8h pour éviter les orages d’après-midi |
| Cartes | IGN au 1:25 000 ou application Visorando hors ligne |
| Réservation refuge | 2 à 3 mois à l’avance en juillet-août |
| Protection | Crème solaire indice 50, l’UV grimpe vite à 2 500 m |
La période idéale s’étend de mi-juin à fin septembre. Avant la mi-juin, les sentiers au-dessus de 2 400 mètres gardent souvent de la neige, et les cols restent bloqués. Septembre offre les plus belles lumières et les mélèzes dorés, mais les refuges ferment dès la fin du mois.
Pour l’hébergement, les Hautes-Alpes proposent des gîtes d’étape et des tables de terroir au pied des sentiers. Les amateurs de cuisine de montagne trouveront leur bonheur dans une auberge en montagne au caractère affirmé, où la demi-pension reste le meilleur rapport qualité-prix après l’effort.
Prochaine étape : choisir son itinéraire
Définissez d’abord votre niveau. Le lac Sainte-Anne convient à une première sortie en altitude avec des enfants. Le lac de l’Eychauda et les lacs de Pétarel demandent des jambes habituées. Le pic de Bure se réserve aux randonneurs entraînés sur une grande journée.
Vérifiez la météo la veille, réservez vos hébergements tôt, testez vos chaussures avant le grand jour. Pour élargir vos horizons, comparez avec les plus belles randonnées des Alpes au sens large ou explorez les trois itinéraires de trek dans les Alpes du Sud. Et pour prolonger l’évasion, pensez à un séjour en pleine nature au plus près des sentiers.